Les derniers grognards

L’Europe était alors, “pleine  de  bruit et de  fureur”. Les frontières  politiques n’y  signifiaient plus  grand chose. On trouvait, en  dedans de limites qui souvent, d’ailleurs, ne remontaient qu’à la précédente guerre, autant d’ennemis qu’il y avait de partis en cause; et, par contre, de part et d’autre des mêmes limites, et bien au-dessus d’elles, des hommes qui se confondaient dans  le  même  hut  sans  être  capables  d’en convenir par le langage.

Comme l’Empire Romain recevait à la  fin, dans ses légions, une grande quantité de  Barbares soumis, ainsi  le  IIIème  Reich avait, dans ses dernières années d’existence, incorporé dans sa Garde tout ce que la vieille Europe agonisante pouvait lui envoyer  de Fils désorientés et angoissés.

Le paroxysme de cette  guerre avait jeté tant d’excitation dans  les  imaginations des jeunes  générations, que l’école,  le bureau ou  l’atelier étaient devenus des fardeaux d’une banalité insupportable: la lucidité de servir convenablement avait cédé la place à la frénésie de servir à tout prix.
Liga  LES DERNIERS GROGNARDS.J.Auvray

Thursday, June 7th, 2012 FRANÇAIS, Solus